Le Vaudou: au coeur des racines haïtiennes

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Je suis loin de me présenter comme un spécialiste du Vaudou. Mai sil est impossible de séjourner en Haïti sans se poser des questions sur ce culte dont les racines remontent à la terre-mère africaine. Je vous livre ici le résultat de mes recherches et de mes réflexions à ce sujet.

Évidemment, quand on pense Vaudou, on songe tout de suite aux poupées dans lesquelles on plante des aiguilles ou aux zombies. Mais c’est évidemment beaucoup plus que ça. Le Vaudou est une culture, une vision du monde animiste qui trouve ses racines en Afrique, plus particulièrement au Togo et au Bénin, l’ancien royaume du Dahomey. D’ailleurs un ami coopérant Bénino-Canadien m’a raconté que son père est venu du Bénin pour le visiter en Haïti. Il s’y est rapidement senti chez lui et, tant en Haïti qu’au Brésil, on peut reconnaître dans les incantations vaudou des textes en fon qui est la langue traditionnelle de cette région de l’Afrique.

C’est sans difficulté que vous aurez compris que les rites vaudou ont été importés ici avec les esclaves africains qui gardaient ainsi un contact avec leurs racines, leur humanité, leurs divinités, privés qu’ils étaient de cette humanité par leurs maîtres blancs. La pratique du vaudou a donc été rapidement réprimée par les planteurs blancs. Elle pouvait être sanctionnée par la mort du pratiquant. Le syncrétisme est donc devenu une façon de conserver cette vision du monde sous couvert de la pratique chrétienne. Le syncrétisme veut qu’on associe des divinités animistes à des saints chrétiens. Papa Legba, par exemple, qui représente le messager qui permet de faire le lien entre le monde des humains et celui des dieux, est représenté par Saint-Pierre, celui qui possède les clefs du monde invisible. Ce syncrétisme existe aussi dans la Santeria, à Cuba, qui a aussi des racines vaudou.

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Le vaudou, donc, a été interdit et combattu longtemps. Il l’est encore par les congrégations protestantes de tout acabit qui fleurissent en Haïti. Un Haïtien avec qui je voulais discuter le la question a fini par me demander si je préférais Lucifer ou Jésus. Pour lui, Lucifer, c’est le Vaudou… C’est sous le règne d’Aristide qu’en 2003, le Vaudou est devenu sur papier une religion comme les autres en Haïti. Mais, pour plusieurs, c’est encore l’univers des forces maléfiques…

Lwas, hougans et mambos…

Le religion vaudou croit en un dieu suprême, Mawu, qui, seul, n’a pas été créé. Il n’est qu’une idée et n’est donc jamais représenté. Il s’exprime à travers ses lwas, les divers dieux responsables de gérer la nature et les événements qui rythment la vie des humains. Les cérémonies vaudou (il est encore possible que je puisse assister à une de ces cérémonies avant mon départ…) où officient les prêtres (hougan pour le prêtre et mambo pour la prêtresse) visent surtout à entrer en contact avec ces lwas. Une fois le contact établi, le lwa peut prendre possession du corps d’une personne ce qui donne les scènes spectaculaires qu’on a tous pu voir à un moment ou un autre. Notre prof. de créole nous raconte des histoires de gens qui dansent dans le feu, qui mangent des lames de rasoir ou du verre sans se blesser, qui grimpent aux murs et aux plafonds… Ce n’est pas la personne qui fait ça, c’est le lwa qui a pris possession de son corps…

Hougan

Pour appeler les lwas on utilise des incantations (mon coloc, Bergman, trouve que ça ressemble à du chant grégorien), des sacrifices et aussi des vévés qui sont la représentation de lwas par des dessins géométriques.

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En passant, les vaudouisants (ceux qui sont adeptes du vaudou) sont très fiers du fait que, dans leur système religieux, les prêtres et les prêtresses son sur le même pied d’égalité. On ne voit pas ça souvent dans les religions.

Le potomitan

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Le potomitan est le centre du temple vaudou. C’est autour de lui qu’on dépose les offrandes et qu’on danse. Il est le lien entre les mondes du visible et de l’invisible, le chemin que prendront les lwas pour venir s’incarner dans les humains.

L’expression potomitan désigne aussi la femme haïtienne, la reine du foyer, celle autour de laquelle tourne toute la vie de la maison. L’espace privé tourne autour de la femme alors que l’espace public est l’univers de l’homme

Superstition, magie noire et mauvais sorts…

La superstition est présente dans toutes les cultures. On veut toujours croire que des rites particuliers pourront nous aider à atteindre nos fins. Que ce soit en invoquant des êtres supérieurs ou en s’aspergeant de phéromones pour attirer des nuées de jolies filles… La superstition est donc présente en Haïti et l’intermédiaire est souvent le Hougan qui sollicite les dieux responsables de la nature. L’humain étant ce qu’il est, il cherche cette aide pour se donner un avantage et comme se donner un avantage implique régulièrement de désavantager l’autre, ça passe souvent par les mauvais sorts… C’est pourquoi on a trop souvent tendance à associer Vaudou et magie noire. J’admets que c’est un peu court comme raisonnement mais ça se tient, non? D’où la mauvaise réputation que s’est forgée (avec l’aide de notre vision judéo-chrétienne du monde) le vaudou. Ce sont des rites de sauvages qui ne peuvent qu’être sauvages…

Le Baron Samedi et les zombies

Le Baron samedi (Bawon Samdi) est le lwa de la mort. C,est le chef des Guédés (esprits des morts) sa femme est Madame Brigitte. Il règne donc sur l’empire des morts et est fêté lors de la Toussaint.  Il est particulièrement lubrique avec sa danse évocatrice du bassin… On pourrait l’associer aux zombies mais ceux-ci sont plutôt associés à l’esclavage. Un zombie est une personne dont on a annihilé la volonté et qui est au service complet de son maître. On prétend que pour créer un zombie, le hougan enduit une personne d’une potion qui simule la mort. Une fois la personne enterrée, elle est rapidement exhumée et elle devient esclave de celui qui l’a envoûtée.  J’ai lu que cette potion pourrait être faite à base de tetrodotoxine qu’on trouverait dans le tétraodon (poisson-ballon). Les zombies ont la tête penchée et fixent le sol… Je ne crois pas en avoir rencontré.

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Il y aurait encore beaucoup à dire sur le Vaudou. Je ne suis ni superstitieux ni croyant mais plus j’apprends sur cette religion plus je comprends, malgré tout, qu’il s’agit d’une conception du monde primitive certes, mais qui ne correspond pas à l’image caricaturale que nous en avons faite.

Tu vas faire monter les prix!

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Comme coopérant, j’ai souvent entendu cette expression, même si je ne l’ai jamais entendue ici. Quand on achète des objets, des souvenirs, des babioles, à des vendeurs sur la plage, au marché ou sur la rue, la règle est de négocier le prix. On nous dit de couper le prix de moitié et j’ai déjà entendu de le couper par cinq… Les gens trouvent souvent que je me suis fait avoir en payant trop cher. Oui, je négocie un peu mais l’important pour moi, c’est de payer un prix que je considère juste. Pas le plus bas possible, pour avoir la fierté de dire « Hey! Devine combien j’ai payé ça! ». Comme si le jeu c’était d’avoir ou de se faire avoir par le vendeur. Combien de fois j’ai entendu « T’as payé trop cher, moi, j’ai eu la même chose pour moitié moins » quand je réponds « C’est quoi le problème? » on me dit que je vais faire monter les prix… So what? Tant mieux, comme ça le vendeur gagnera plus dans un pays où on gagne si peu. Pourquoi moi, qui peux payer un prix raisonnable, je profiterais du fait que le vendeur pourrait se contenter d’un prix ridiculement bas si je peux faire en sorte qu’il gagne plus?

Et si, effectivement, je fais monter les prix, alors c’est tant mieux pour le vendeur qui pourra améliorer son niveau de vie.

Et c’est quoi pour moi, un juste prix? Au fond, je suis habituellement incapable de fixer exactement la valeur de ce qu’on veut me vendre. Cette valeur, elle est très subjective. Elle correspond à ce que je suis prêt à payer en fonction de mes normes à moi, du désir que j’ai de l’objet et de son caractère unique qui est lié au lieu où je me trouve, au moment qu’il évoquera plus tard. Je ne jette pas l’argent par les fenêtres. Je paye un prix avec lequel je me sens à l’aise. Il m’arrive même de ne pas négocier du tout, quand le prix qu’on me donne est inférieur à la valeur que j’accorde à l’objet.

J’ai souvent répondu en boutade à ceux qui prétendaient que je m’étais fait avoir : «  C’est ma contribution au développement international… »

Sommes-nous bien en Haïti?

(Internet est tellement lent depuis quelques jours, je ne peux vous mettre de photos. C’est dommage. Je vais essayer de remédier à la situation dans les jours qui viennent. Entre temps, je vous raconte quand même l’histoire.)

Bon! C’est réglé! Vous pouvez trouver les photos ici:

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Depuis quelque temps, je suggérais qu’on aille faire un tour à Seguin (Segin, en Kreyol). Je n’avais aucune idée de ce qu’on y trouverait mais c’était loin, c’était dans la montagne et j’avais entendu dire que c’était beau. Donc, samedi dernier, on part tous ensemble (sauf Christiane qui n’avait pas dormi de la nuit à cause des joueurs de tambour qui se préparent pour le Ra-Ra), donc sept personnes plus Rodrigue, le chauffeur. Départ dans la bonne humeur vers 8 heures 45. Tout va bien jusqu’à ce qu’on laisse la route vers Marigot. Mais y’a pas encore de problème puisqu’on sait qu’on a une longue route à faire dans des chemins de montagne avant d’accéder au saint des saints.

On monte, on monte, on monte et on monte encore sur des chemins qui font plus penser à des sentiers qu’à une route. Vous pouvez imaginer que nos colonnes vertébrales sont mises à rude épreuve. Non, vous ne pouvez pas imaginer… Pensez au pire chemin que vous avez pris en véhicule pendant toute votre vie et imaginez ça pendant deux heures et demie, à 20 km heures et vous aurez une idée. Mais je peux vous affirmer une chose: la Toyota Land Cruiser est tout un véhicule. Confortable? Non. Puissant? Increvable? TAF! (Tout À Fait).

On s’arrête pour se détendre un peu et prendre quelques photos…

Tout-à-coup, un gros camion blanc lourdement chargé arrêté au milieu de la piste qui, évidemment, n’est pas assez large pour laisser passer deux véhicules. Il y a beaucoup de gens autour du camion. On ne sait pas s’il est en panne, s’il charge ou décharge des marchandises… Qu’à cela ne tienne, le 4×4 peut passer à côté et Rodrigue est un excellent chauffeur. On s’engage. C’est alors que nous croisent des touristes conduisant de petits tout-terrains… On se demande vraiment ce qu’ils font là avec leur air de sportifs de salon. Mais bon, ils passent avec le sourire.

Nous arrivons enfin à Seguin. A-t-on vraiment fait tout ce chemin pour arriver là? Seguin est un petit village complètement désolé où il ne semble y avoir rien d’intéressant… Mais on a fait des réservations dans une auberge pour le dîner. Où est la fameuse auberge? Rodrigue semble connaître. Après encore quelques kilomètres, la route est bloquée. Indications prises, on retourne sur nos pas et un prend un chemin encore plus difficile… Au bout de la « route », l’oasis. Une charmante petite auberge en pierres, des chambres mignonnes, des chevaux. Tout-à-coup, tout le monde est content: C’est qui qui a eu l’idée de venir ici?

Un jeune guide nous propose de partir en excursion vers la cascade, pour se mettre en appétit. Et là! La forêt de pins, une température fraîche (Rodrigue a froid…), on se croirait au Québec (on est quand même à plus de 2000 mètres). Belle excursion donc, jusqu’à une jolie cascade d’eau glaciale. Au retour, apéro et dîner de mouton grillé. Moi, en tout cas, j’ai adoré. De gros molosses viennent quêter les os qu’ils broient instantanément de leurs mâchoires puissantes. Deux jeunes Français sont là. Ils ont marché 5 heures pour se rendre. L’auberge est un centre reconnu de trekking. Le meilleur des Caraïbes, dit-on. Mais on dit  beaucoup de choses ici…

Après ce bon dîner, on reprend la route. C’est qu’il faut rentrer quand même. La lumière est superbe et les paysages bucoliques à souhait. D’étranges formations rocheuses bordent la route. Mais le chemin est aussi long pour rentrer que pour y aller et la nuit tombe vite… On rentre à la maison épuisés, mais contents de cette sortie mémorable.

La gentille condescendance quotidienne…

Écrire un texte sur ce sujet me démange (et me dérange) depuis trop longtemps. Étrangement, toutefois, je ne sais sous quel angle l’attaquer. J’y parlerai de moi, de nous, de gens que j’aime et que j’apprécie et je vais nous égratigner un peu. C’est toujours un peu difficile, surtout quand on ne veut blesser personne… Mais, probablement que la meilleure façon de procéder est d’y aller franchement, alors je plonge.

Une définition que j’ai trouvée du mot condescendance est: « Attitude bienveillante teintée d’un sentiment de supériorité ». Vous comprendrez aisément que, dans un contexte de coopération, cette attitude est facile, sinon presque naturelle, à adopter. En effet, dès le départ on nous met la table: « Vous êtes des experts qui venez aider des communautés à mieux s’en sortir ». On a beau tourner ça dans tous les sens (renforcement des capacités, accompagnement, support, ne pas faire à la place de…)  nous sommes quand même toujours placés dans une situation qui, au départ du moins, en est une de maître à élève. Et c’est souvent même ce que le milieu attend de nous: montrez-nous ce que vous savez. Difficile de ne pas se sentir en position de supériorité (Surtout pour moi qui me trouve pas mal bon, vous diront certains confrères et consoeurs qui connaissent la grande estime que j’ai de ma personne…)

Nous avons donc quelque chose de plus (disons de différent, pour être politiquement correct) à transmettre, et ce, même si nous nous entêtons à faire émerger chez le partenaire ses propres besoins et capacités afin qu’il prenne la responsabilité de son propre progrès, nous sommes, à tout le moins, des stimulateurs, des catalyseurs de changement. Et, en plus, nous sommes Blancs (ici, être Blanc n’est pas directement relié à la couleur de la peau…), riches et savants. Quoi qu’on en dise c’est un tour de force d’être perçu et de se sentir égal à l’autre.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que tous les coopérants que j’ai connus étaient et sont honnêtes, sincères et dédiés à leur mission. Que du bon monde. Ceci étant dit, surtout quand on est en groupe, on ne peut s’empêcher de s’identifier comme « nous » par rapport à « eux ». Et c’est là que la condescendance pointe son nez disgracieux. Comme des p’tits gars et des p’tites filles dans une cour d’école, on cherche à cerner l’autre à travers les différences et les généralisations. Avec des phrases qui commencent par « On sait bien… », « Tu vas voir tu vas t’habituer », « Welcome to the club », « T’as encore rien vu »,  » Ils ne sont pas tous comme ça mais presque… », « As-tu vu ça? Ça a pas d’allure! ». Je tiens à le répéter, il n’y a rien de méchant là-dedans. C’est une façon comme une autre d’appréhender la différence. Mais ça me rend mal-à-l’aise, surtout quand ça vient de moi. Car, évidemment, je ne m’exclus pas.

J’ai une petite histoire vécue pour illustrer mon propos. Lors de mon premier séjour comme coopérant au Sénégal, j’habitais, avec mes consoeurs, chez des Québécois fort sympathiques et bien intégrés à Dakar. Au repas, l’une de mes consoeurs passe la remarque, en rigolant, que la poignée de porte de la salle de réunion lui était restée dans la main (Sous-entendu: « on sait bien, ils entretiennent rien… »). La dame qui nous accueillait lui répond: « Tu vas voir, tu vas revenir l’an prochain et ce ne sera toujours pas réparé! ». Et tout le monde d’y aller d’un sourire condescendant… Le lendemain matin, la poignée était réparée. Je n’étais pas peu fier d’en informer ma logeuse à mon retour à la maison.

Car c’est bien là ce qui finit poser problème: la généralisation et l’expectative: « R’garde bien ça, ils vont être encore en retard! »  » Ils m’ont garantit que ce serait réparé, mais j’ai bien hâte de voir ça… » etc. Il arrive que les faits nous donnent raison. Mais ce n’est pas une raison pour s’enfermer dans des stéréotypes qui flairent bon la condescendance. Quand ça m’arrive, je me tape sur les doigts.

 

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Sur les traces hypothétiques du Capitaine Morgan…

La fin de semaine dernière en était une de long congé. En effet, comme les Haïtiens vouent un grand respect aux personnes décédées (on y reviendra dans une prochaine chronique) la fête des morts (la Toussaint) (pas Louverture, lui aussi on pourra en reparler ultérieurement) ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture ), la fête des morts, donc est célébrée entre autres par un congé férié. Nous avions donc une longue fin de semaine (bon, d’accord, un week-end pour faire plaisir à mes amis Français…) à notre disposition. Nous avons donc décidé de nous payer une petite évasion. J’aurais aimé assister à la parade des Guédés à Jacmel, mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%A9d%C3%A9_(vaudou))

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J’ai aussi comme projet de vous parler du Vaudou. Sujet délicat. Magie noire, culture, religion, superstition? Le débat est chaud…

Toujours est-il que c’est sur l’Île-à-Vaches que s’est jeté notre dévolu. L’Île-à-Vaches a été nommée ainsi parce que, semble-t-il, les pirates, flibustiers et boucaniers à voile ou à vapeur (non, y’avait pas de vapeur à l’époque…) y avaient laissé du bétail. Comme l’île était exempte de prédateurs (qui font des chèques prédatés et non post-datés…) mais couverte de prés… et sans poste… Revenons à nos moutons (à nos vaches), le bétail croissait et se multipliait, constituant ainsi un garde-manger idéal pour ces hommes intrépides qui ne se nourrissaient pas que de galions zespagnols.

D’où le fameux capitaine Morgan et son rhum (à Rhum on fait comme les Rhumains…) (http://www.captainmorgan.com/fr-ca/) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Morgan) qui, si je comprends bien, n’aurait jamais mis les pieds sur le plancher de leur île (aux vaches). Tout ça pour vous dire que le bel hôtel où nous nous sommes fait dorloter s’appelait Port-Morgan.

Mais avant d’arriver sur ce petit paradis insulaire, nous avons dû faire six heures de route, entassés dans l’ambulance. Rassurez-vous, elle est désaffectée (et désinfectée). C’est le surnom de notre tout-terrain qui peu loger (pas confortablement) jusqu’à 9 personnes. Nous étions sept (avec super-Tony, notre chauffeur qui aime le choco-colat chaud) plus les bagages. Une expédition en soi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la route pour se rendre aux Cayes (où nous prenions le bateau pour l’Île) (c’est une île qui, étrangement, est entourée d’eau…) la route, donc, est très agréable. Nous sommes ainsi passés par Petit-Goâve, la patrie du peut-être futur académicien Danny Laferrière.

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Passons rapidement sur Les Cayes, ses vendeurs de matelas, sa cathédrale et ses rues larges…

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Et nous voici sur l’île, à Port-Morgan.

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Ce qui est intéressant à l’Île-à-Vaches, ce ne sont pas tellement la piscine, le jacuzzi, les jolies Françaises en maillot de bain ou les rhum-punch, c’est plutôt d’explorer l’île à pieds. J’entreprends donc ma première balade avec mon guide, Junior. Les jeunes guides nous attendent à la sortie des terrains de l’hôtel. Au début je me suis dit que je n’en avais pas besoin. Mais, après avoir accepté qu’il m’accompagne, je ne l’ai pas regretté. Je me serais un peu égaré sans lui. Nous voici donc partis vers une belle plage déserte que j’avais repérée en arrivant. Pour s’y rendre, nous passons par le village des pêcheurs.

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Le soir venu, dîner chantant avec Maurice. Un septuagénaire qui nous abreuve de chansons françaises du répertoire des années folles (je veux parler des ’70 ’80…) Gainsbourg, Delpech, Lama, Dassin ect…

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Deuxième balade: Madame Bernard

Le lendemain matin, Richard, un confrère coopérant, m’invite à partir avec lui et son guide vers le Centre-Ville de l’Île-à-Vaches qui porte le nom de « Madame Bernard ». Une longue marche dans la boue lourde et collante. Il a plu durant la nuit et le sol est argileux. L’eau reste en surface et chaque pas alourdit nos godasses. Bon, je ne veux pas vous faire pleurer, ce n’est pas la conquête de l’Everest… Mais quand même, j’aurais apprécié mes bâtons de marche pour éviter les glissades intempestives dans la boue…

Mais, au bout du compte, ce fut une randonnée superbe. En voici des images.

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Le temps était plus qu’incertain et nous craignions l’averse tropicale qui aurait rendu notre excursion plutôt périlleuse. Mais les nuages n’ont fait que nous abriter du soleil. Merci nimbus! Nous avons parcouru plusieurs petit villages de pêcheurs, certains d’entre eux m’ont invité à les aider à retirer leur filet de la mer ce que j’ai fait avec un plaisir non dissimulé. Vous remarquerez aussi le monument funéraire. Nous en avons croisé plusieurs. Comme il ne semble pas y avoir de cimetière et considérant le respect dû aux ancêtres décédés, ces tombes se trouvent sur le terrain même des maisons familiales.

Au terme du périple: le centre-ville, au lieu-dit Madame Bernard. Boue, déchets et désolation. Arrêt sympa quand même chez le petit épicier (depuis 1969) qui nous a invités à s’asseoir dans sa micro-boutique pour prendre un Coca bien froid. Vous remarquerez aussi l’abri don de la République populaire de Chine. C’est bien le dernier endroit où je m’attendais à trouver ça…

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Étant un peu fatigués et comme il se faisait tard, l’épicier nous a négocié une chaloupe à moteur pour revenir à Port-Morgan. Comme nous n’avons pu nous entendre sur le prix, notre guide à joint (ils ont tous des cellulaires même s »il n »y a ni eau courante ni électricité) (des bornes à panneau solaire assurent la recharge) un de ses amis qui est parti pour venir nous chercher avec son embarcation. Ceci nous laissait le temps pour aller visiter l’orphelinat « L’oeuvre de Saint-François » tenu par une religieuse québécoise, soeur Flora Blanchette. Un tout petit bout de femme qui fait un travail formidable pour les déshérités. J’avoue que je n’ai pas osé prendre de photos des enfants polyhandicapés qu’on y a vus. Je me sentais un peu voyeur.

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La visite terminée, l’ami et son bateau n’étaient toujours pas là. En fait, son moteur était tombé en panne alors qu’il tentait de nous rejoindre… Après d’âpres négociations, nous avons conclu une entente avec un propriétaire de chaloupe qui, après une ou deux pannes en cours de route, a fini par nous ramener à bon port (Morgan).

Nous sommes arrivés à temps pour le repas, la tête pleine d’images et de souvenirs qui ne nous quitteront jamais…

Les sanglots de jésus…

Samedi, c’était mon dernier cours à mon premier groupe d’élèves-profs. Au début de la formation je leur avais présenté  » La parabole des étudiants ». J’ai bouclé la boucle en reprenant cette parabole pour leur livrer un message d’espoir que je reproduis ici. Je vous mets aussi la parabole pour que vous puissiez comprendre le contexte.

La parabole des étudiants

….Et Jésus mena ses disciples à la montagne, et les pria de l’écouter :

II leur dit :

Heureux sont les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient.

Heureux sont les faibles.

Heureux sont ceux accablés par le deuil.

Heureux sont les épris de justice.

Heureux sont les opprimés.

Heureux sont ceux qui souffrent.

À tous ceux-là je leur dis, soyez heureux, car le ciel vous attend en récompense.

Souvenez-vous de mes mots.

Alors, Pierre se leva et demanda : «Doit-on prendre tout ça en note ?»

Et Paul ajouta : «Est-ce qu’on doit s’en souvenir ?»

Et Marc ajouta : «Est-ce que ce sera matière à examen ?»

Et Jean ajouta : «Devons-nous le rendre avec le devoir ?»

Et Matthieu déclara : «Les autres disciples n’ont pas eu à l’apprendre.»

Et Jésus s’effondra et se mit à sangloter.

 

L’approche par compétences : de l’intention à la pratique

En guise de conclusion

En guise de conclusion, je voudrais boucler la boucle aujourd’hui. Vous vous souviendrez qu’en début de formation nous avons donné l’exemple de Jésus qui s’adressait à ses disciples en parabole (voir au verso). Nous nous sommes demandé pourquoi Jésus s’était mis à sangloter face au comportement de ses disciples. Nous en avons conclu que les disciples ne s’intéressaient pas au sens profond du message de Jésus mais bien seulement aux mots qu’il prononçait afin de pouvoir les restituer pour « avoir une bonne note ».

Pendant toute la formation nous avons parlé du sens à donner à l’école et à l’apprentissage. Nous avons aussi abordé l’importance de l’éducation pour le développement économique et de la démocratie. Nous avons insisté sur le fait qu’il fallait comprendre ce qu’on enseignait, pourquoi on l’enseignait et qu’il fallait l’expliquer aux élèves. Nous avons insisté sur le fait que développer des compétences c’est développer le savoir-agir et que, pour ça, il fallait inciter les élèves à réfléchir, à se poser des questions, à trouver activement des réponses. En un mot, à chercher à comprendre.

Si un enseignant se contente de retransmettre telle quelle la formation qu’il a reçue et s’il demande à ses élèves de la reproduire à la lettre, il forme des exécutants.

Quand un enseignant se questionne sur le pourquoi des choses et invite ses élèves à faire de même, et à faire confiance à sa capacité d’agir par lui-même sans toujours répéter la même recette, il forme des développeurs.

Ce pays ne peut se passer de développeurs qui passent à l’action. Sinon, ses forces vives resteront toujours des exécutants au service des autres (les Dominicains, les Américains, les Français, les Canadiens…).

Votre rôle est essentiel au développement de ce pays. Vous devez former des développeurs capables d’imaginer, de créer par eux-mêmes plutôt que de se contenter de faire ce qu’on leur dit de faire. Pour arriver à ça, il faut que l’école change. Et vous êtes l’école.

L’approche par compétences, je vous le répète, n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un moyen, un bon moyen, mais toujours un moyen. L’important, c’est ce que vous voulez en faire : un outil de développement ou une bête méthode de plus qu’on applique sans en questionner le pourquoi.

Nous avons aussi évoqué le développement de la démocratie. Vous, enseignants, avez un rôle central à y jouer. Car la démocratie naît de la capacité des gens à réfléchir, à poser des questions, à chercher à comprendre pour mieux juger de la qualité de ce qu’on leur propose. C’est là, quant à moi, la mission centrale de l’école dont vous êtes les dépositaires.

Merci de m’avoir accueilli,

François Cauchy

« Mennen koulèv lekol se youn, fèl chita se de » « Pale franse pa di lespri »

Je remercier ma consoeur Marie-Laurence Paré pour les belles photos.

 

 

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Qui trop embrase, mal éteint…

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Comme dirait le pompier. Étrange cette photo non? On dirait que les pompiers sont fiers de leur feu… Si je comprends la légende qu’il y avait avec la photo, c’est un incendie volontairement provoqué soit pour un exercice soit pour raser des bâtiments condamnés.

Mais, ce n’est pas de ça que je veux vous entretenir. Ma chronique aurait plutôt dû s’intituler « Qui trop embrasse mal étreint ». Mais, bon, je n’ai pu résister à la tentation du joli jeu de mots… Vous ne m’en voudrez pas, j’espère.

Je voulais vous parler de mon travail ici. Je forme des enseignants des écoles professionnelles privées à l’approche par compétences. Jusqu’ici c’est assez simple. Mandat pas compliqué. Tu formes et hop! tu t’en vas. Mais je dois aussi former des multiplicateurs qui continueront à former d’autres professeurs quand je serai parti. Mes disciples, quoi… Bien qu’il ne faut quand même pas que je me prenne pour le Sauveur ou pour le Messie (anpil…). C’est déjà plus intéressant comme ça.

J’ai, donc, un groupe d’une vingtaine d’enseignantes et enseignants provenant de milieux aussi divers que la menuiserie, la pâtisserie, la construction, la couture ou l’installation de sanitaires. Certains sont des universitaires, d’autres ont appris leur métier sur le tas (mais personne n’a appris le métier de professeur). Classe hétéroclite à souhait. Tous parlent Créole, certains parlent à peu près le Français et je baragouine un peu de créole. Problème de communication difficilement soluble.

Personne n’enseigne dans le cadre d’un programme développé par compétences… Pourquoi leur donner cette formation me direz-vous? C’est qu’il existe des programmes écrits par compétences (développés par des Québécois) en Haïti qui seront fort probablement implantés un jour. Signalons aussi que les écoles ne sont pas vraiment bien équipées. C’est pas de la tarte, mais j’aime bien. J’ai l’impression qu’on me met dans une situation problème où je dois puiser dans mes ressources afin de mettre en oeuvre mes compétences en faisant preuve de créativité…

La formation que je donne fait suite à une formation en APC donnée, à prix d’or, par une firme Québécoise aux enseignants des écoles professionnelles publiques. On m’a prêté les documents ayant servi à cette formation… J’ai trouvé ça horrible. Entendons-nous, tout est rigoureusement exact, les gens savaient de quoi ils parlaient, mais on dirait qu’ils ne savaient pas à qui ils parlaient. C’est une logorrhée le bla-blatitudes d’expert dont une infime partie sera, quant à moi, utile à l’enseignant moyen (J’aurais dit la même chose si cette formation avait été offerte au Québec). Donc, quant à moi, pas grand’chose à faire avec ça.

J’ai donc repris et enrichi les formations que j’ai déjà offertes en Afrique, tout en les adaptant. C’est encore compliqué et touffu mais, au moins, j’ai plus l’impression de leur parler de choses concrètes tout en tentant d’éviter au maximum les concepts quelquefois planants qui parsèment la route joyeuse et riante de la pédagogie des compétences… Éviter aussi les diktats du genre « l’approche par compétences c’est comme ça et pas autrement, si c’est pas comme ça, c’est pas le la pécé (APC…) ». Et gnagnagni et gnagnagnan.

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La route enchantée de l’APC

Koi fère alors?

J’aurais bien voulu faire un suivi, aller voir travailler les enseignants en classe, voir comment ils mettaient en application ce dont je leur parle. Mais c’est difficile, certaines ne commencent qu’en janvier, d’autres en fonctionnent pas parce qu’ils n’ont pas eu assez d’élèves pour ouvrir, d’autres sont sur des chantiers… Mais ça me donnera le temps pour démarrer un deuxième groupe. J’aurai formé 40 professeurs au lieu de 20. Il y a même une possibilité que je puisse aller former des profs d’Université.

Toutefois, j’ai enfin pu aller voir un ou deux enseignants travailler en classe. Pour les cours théoriques, on du chemin à faire. Pour la pratique, ce que j’ai vu est intéressant. Mais, il faut dire que c’était dans une école modèle bien subventionnée par la coopération espagnole (oui, oui, les espagnols ont encore un peu d’argent pour la coopération…). J’insiste donc plus particulièrement, dans mes formations, sur le sens à donner à la formation, à l’apprentissage et sur les façons d’y arriver. L’approche par compétences devient alors un moyen, une philosophie, une façon de concevoir la finalité de l’enseignement qui amène des changements dans le rapport à l’élève et à la connaissance. C’est ce que j’essaye de faire avec mes enseignants, les faire réfléchir sur l’importance de leur rôle dans la formation des élèves et pour le développement du pays. Ne pas se contenter de passer des contenus et de les évaluer mais plutôt se centrer sur le développement de compétences pour le développement du pays. Gros contrat.

Qui trop embrasse mal étreint?

Trop gros contrat? Je ne sais pas encore. J’ai l’impression d’en perdre certains dans la brume alors que d’autres sont carrément allumés. Ce que je souhaite vivement c’est qu’aucun d’entre eux ne sorte de cette formation en se disant « Ouf, j’ai été assis pendant des heures à écouter ce Blanc baratiner, j’ai bien mérité le certificat que je pourrai exhiber… »

Si je me fie à l’assiduité dont ils font preuve et au travail déployé par la plus grande partie d’entre eux lors des séances de formation, je crois ne pas être loin de mon objectif:

Embraser les esprits, surtout pas les éteindre

Quelques photos, prise en classe de cuisine et sur un chantier-laboratoire:

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C’est à mon tour!

Mon cher François c’est à ton tour, de te laisser parler d’amour!

Eh oui, c’est mon anniversaire aujourd’hui. 1953-2013, je vous laisse faire le décompte…

Samedi, mes amis coopérants du PCV (Plus Cool Volontaires…), m’avaient préparé une fête surprise qui fut des plus agréables. On m’a fait croire qu’on suivait ma suggestion d’aller manger au restaurant « Piano, Piano » qu’on m’avait chaudement recommandé. Les réservations étaient faites (étrangement, pour une fois, tout le monde venait…). J’avais même demandé à Bergman s’il venait et il m’avait répondu  » Bien sûr je ne manquerai quand même pas ton anniversaire! » Il s’était échappé, mais je n’avais pas pigé… Je lui ai répondu que mon anniversaire c’était lundi…

Donc, places réservées pour 19 heures. Mathieu m’appelle pour me dire qu’ils venaient prendre l’apéro chez nous vers 18 heures, 18:30 heures. Pour une réservation à 19 heures, c’est tard… Mais bon, ils sont jeunes et fous (mais pas tant que ça) (fous). On est donc sur la terrasse Bergman et moi. Toujours très élégant ce Bergman, moi, ça allait. Richard sort de la maison et se renseigne sur la tenue de circonstance. Bergman de lui répondre, « Non, ça ça ne va pas, retourne de changer ». Richard revient habillé pour la circonstance.

Les voilà donc qui débarquent toutes et tous. Les filles dans leurs plus beaux atours (elles étaient superbes!). Je me suis dit « Wow, c’est chic ce resto! ». Donc petit apéro tranquille, Mathieu qui me dit de ne pas m’inquiéter pour la réservation, que , de toute façon, on sera tout seuls et je n’allume toujours pas… Il faut dire que j’avais suggéré qu’on fasse un repas communautaire pour mon anniversaire, mais je pensais que ce serait lundi…

Tout-à-coup, Marie-Laurence me passe une feuille de papier qui, soi-disant, décrivait le menu de la soirée… Je lis ça à haute voix, je trouva ça rigolo et je n’allume pas encore! (Mais il est bouché ce mec!). Ce n’est qu’à la fin de ma lecture que je comprends qu’on ne va pas au resto et que tout se passe ici! Belle surprise que voilà! Je vous recopie le menu, ça vaut le coup d’oeil!

La Casa di Franco vous reçoit pour le 60e anniversaire du proprio!

Pour l’occasion, une soirée internationale vous a été concoctée par les Plus Cool Volontaires en un menu 7 services:

Amuse-gueules aux saveurs des tropiques

Potage aux légumes du marché (pour leur pote âgé) (ça c’est moi qui ajoute…) par la dame pour qui le four au gaz n’a plus de secrets, Noémie

Bruschetta à l’Italienne, par le grand-chef Mathieu

Pasta à la carbonara, préparées par le duo des cuistots d’enfer, Monique et Josée

Salade grecque, recette secrète à la Miss Bouclettes

Fromage et baguette, parce qu’on connaît ton amour pour la France (et pour une Française en particulier)

Tartelettes et sorbet kowosol ak banane au dessert, recette de sorbet concoctée par Bergman

Ambiance et musique assurées par Bergman et Richard

Nos invités spéciaux, Francine et Christian

D’autres surprises sont aussi prévues

Joyeux anniversaire François!

C’était délicieux et formidable! On a passé une super-soirée. Pour ce qui est des surprises, Marie-Laurence avait recueilli auprès de Jocelyne (ma Française adorée…) des témoignages de la famille à l’occasion de mon 60e. Émouvant. Z’ému, j’étais…

On m’a même chanté bonne fête en Kreyol:

http://www.youtube.com/watch?v=Wor5PK1t8h8&feature=youtu.be

Ben voilà, soixante ans déjà. C’est le temps d’adopter une nouvelle devise:

SOIS SANS TEMPS

Le temps s'ecoule

Des nouvelles de mon fric, petite chronique culinaire et une pensée pour Beau-Papa…

Bonjou tout moun,

Je suis sûr que vous êtes inquiets pour mon argent. « Pauvre François! A-t-il pu se faire rembourser l’argent que lui avait volé le méchant guichet automatique? » De toute façon, je vous avais dit que je vous en donnerais des nouvelles. Après de multiples téléphones à la compagnie de guichet automatique, j’ai eu la promesse que je serais remboursé lundi. C’était la semaine dernière et le dit lundi, il n’y avait toujours rien dans mon compte. Nouveau harcèlement téléphonique. On me dit que, finalement, on m’enverrait des documents démontrant que j’avais été escroqué par le guichet et que je devais les faire parvenir à ma caisse pour qu’ils règlent le problème. Après quelques nouveaux appels (ils devaient connaître mon dossier par coeur), j’ai fini par obtenir les fameux documents par courriel. Ce sont des impressions d’écran qui font état des opérations du guichet lors de ma demande. Entre-temps, j’avais écrit à ma caisse (qui ne me répondait pas) et à Accès-D (qui ne me répondait pas non plus). J’ai tenté d’appeler Accès-D mais après 15 minutes d’attente (votre appel est important pour nous… Nous avons présentement un volume anormalement élevé d’appels…) j’ai raccroché. J’ai finalement rejoint quelqu’un au service des cartes qui a bien pris en note toutes les données par rapport à l’incident et qu m’a dit que je serais remboursé dans 10 à 20 jours ouvrables. Merci Desjardins. Quand j’ai reçu les documents, j’ai rappelé le service des cartes Desjardins. la dame me répond que je ne suis pas au bon service, qu’ici c’est le service des cartes et de guichets… J’ai beau lui dire que c’est à ce numéro que j’ai appelé la dernière fois et qu’on a traité ma demande, elle s’entête à me dire que je ne suis pas au bon endroit. C’est tout juste si elle ne me traite pas d’imbécile (Ah bureaucratie, bureaucratie chérie!). Bon, tant pis…

J’ai reçu ce matin ce message d’Accès-D:

Bonjour M. Cauchy, Pour donner suite à votre courriel, nous vous remercions de votre suivi. Votre demande est actuellement en cours et nous disposons des informations nécessaires afin de mener à bien les démarches de rapatriment du montant d’argent qui ne vous a pas été remis. Il ne vous sera pas nécessaire de nous fournir des documents additionnels. Nous demeurons à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire. Nous vous remercions d’avoir utilisé la Boîte de messages AccèsD. Meilleures salutations, Les Services AccèsD

Bon! Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Chronique culinaire

Que mange-t-on en Haïti? Du riz, beaucoup de riz. Mais encore, me direz-vous? Eh bien, du griot, du lambi, du poisson boucané, du poisson gros-sel, du pikliz et du cabrit. Le griot, c’est mon plat préféré. Surtout celui de Rose-Marie. Le griot, je vous en ai déjà parlé, c’est du porc grillé ou frit. Souvent, c’est un peu sec et on trouve un peu trop de gras, de couenne (des réminiscences d’oreilles de crisse…) mais celui de Rose-Marie est viandeux et tendre à souhait. Le lambi est un gros mollusque qui coûte des fortunes ailleurs mais qui est très abordable ici. En fait, c’est une conque (mais quelle conque!) (elle n’est pas quelconque). On le mange grillé (caoutchouteux à souhait et imprégné de saveurs de fumée…) ou alors en sauce (encore une fois, celui de Rose-Marie bat tous les records: tendre et savoureux). Le poisson boucané est le poisson grillé. C’est du poisson grillé… Le poisson gros-sel est cuit au court-bouillon. Très savoureux, beaucoup d’arêtes, un petit peu trop poissonneux à mon goût. Le pikliz, c’est un petite salade de chou qui vient avec tout. Traditionnelle ou crémeuse? Ni l’une ni l’autre. C’est vinaigré et, surtout, pimenté… Ouille, ouille, ouille! Mais c’est frais et bon. Sauf quand on tombe sur un morceau de piment qu’on avait pris pour du poivron doux. Là, c’est le 911… Et finalement, le cabrit, la chèvre grillée ou en sauce. Très bon. À propos de piment, y’en a partout, même dans le beurre d’arachides local…

On peut aussi manger de la pizza (mais moi, je la trouve dégueu, on dirait de la pizza congelée, peu importe à quoi vous la prenez, ça goûte la même chose: sucré) et du poulet Barbecue. Celui de La Taverne est généreux et très bon. Et, finalement, il y a le petit resto de l’Alliance Française. On peut y déguster un bon filet de boeuf sauce bordelaise et son gratin dauphinois. Le chef (à temps partiel) est un Français sympathique qui travaillait pour les Nations-Unies et qui est revenu à ses premières amours de cuisinier. Il est d’origine bretonne, des environs de Guingamp. J’en profite pour saluer beau-papa Jean qui sera content qu’un Breton de chez lui puisse de temps en temps me gâter un peu…

Ah oui, j’oubliais, pour faire passer tout ça y’a du vin! Pas du local, évidemment, mais quelques bouteilles agréables, françaises, argentines, espagnoles… le tout à des prix bien plus bas que chez nous (moitié prix).

Je vous laisse sur un bon mot qu’on attribue à Pierre Dac ou à Francis Blanche:

J’aime mieux le vin d’ici que l’eau de là